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Rachat du surplus solaire à 1,1 centime : pourquoi l’autoconsommation se jouera en temps réel

1,1 centime par kWh : c’est le nouveau prix de rachat du surplus solaire injecté sur le réseau depuis le 4 juin 2026. À ce niveau, la rentabilité d’un projet ne se gagne plus en revendant au réseau, mais dans l’énergie consommée sur place et partagée localement.

Raphaël Cervan

05 Juin 2026

Installateur posant des panneaux photovoltaïques sur une toiture, illustrant l'autoconsommation solaire

1,1 centime par kWh : c’est le nouveau prix de rachat du surplus solaire injecté sur le réseau depuis le 4 juin 2026. À ce niveau, la rentabilité d’un projet ne se gagne plus en revendant au réseau, mais dans l’énergie consommée sur place et partagée localement.

Ce que change l’arrêté S21 du 1er juin 2026

Publié au Journal officiel du 4 juin 2026, l’arrêté du 1er juin modifie le cadre tarifaire dit « S21 », celui qui régit l’achat de l’électricité des petites installations solaires sur bâtiment, hangar ou ombrière. Trois changements pèsent lourd pour les projets de moins de 100 kWc :

  • le tarif d’achat du surplus injecté passe à 1,1 c€/kWh, revalorisé de 2 % par an sur la durée du contrat (20 ans) ;
  • la prime à l’autoconsommation, qui soutenait l’investissement, disparaît pour les nouvelles installations ;
  • la vente en totalité n’est plus accessible aux installations de 9 kWc ou moins.

Il y a peu, ce même surplus se rachetait plusieurs fois plus cher, de l’ordre de 10 c€/kWh avant les coupes successives de 2025. À 1,1 centime, injecter son électron sur le réseau ne rapporte presque plus rien. La Commission de régulation de l’énergie, qui a rendu un avis favorable le 22 mai, l’écrit sans détour : sur le segment 0-100 kW, la baisse du tarif et la fin de la prime rendront la plupart des projets non rentables sans un taux d’autoconsommation très élevé.

EDF Obligation d’Achat n’achète plus la production, il absorbe le résidu

À 1,1 centime, EDF OA ne paie plus pour produire : il sert de filet pour l’énergie que la communauté n’a pas consommée. Un service d’équilibrage, pas une source de revenu. Chaque kWh qui part au réseau est un kWh dont la valeur s’est presque entièrement évaporée. La rentabilité se crée en amont, dans la part réellement consommée sur place ou partagée localement.

La vraie limite, c’est de consommer à l’aveugle

Dans une opération d’autoconsommation collective, deux angles morts persistent. Côté participant, au moment où vous lancez un appareil, rien ne vous dit si la boucle produit de l’énergie disponible pour vous. Côté gestionnaire de la PMO, vous ne pouvez pas davantage prévenir vos participants que le moment est favorable : tout ce que vous pouvez faire, c’est répartir l’énergie a posteriori, au mieux, selon votre clé de répartition.

Mais à ce stade, tout est déjà joué. La répartition est un calcul comptable sur une consommation qui a déjà eu lieu. Si une recharge de voiture a tourné faute de production locale alors qu’elle aurait pu attendre une heure plus favorable, cette énergie est partie au réseau à 1,1 centime, et aucune clé de répartition ne la récupère. Le verrou n’est donc pas la motivation des participants, qui ont fait la démarche de rejoindre une communauté. C’est la disponibilité de l’information au moment où la décision se prend, pas une fois la facture arrivée.

Le temps réel transforme la décision de consommer

C’est précisément ce manque que comble le pilotage en temps réel. Avec TeeKy® et l’application Sunbiose, chaque participant voit ce qui se passe dans sa boucle au moment où il agit :

  • la consommation et la production de la communauté sont lues toutes les 30 secondes ;
  • cette information est restituée aux participants dans l’application ;
  • les usages souples (ballon d’eau chaude, recharge, batterie) se décalent vers les heures de production.

La décision de consommer rencontre enfin l’information qui la rend pertinente. À Montigny-en-Arrouaise, où la boucle est pilotée à 100 % en temps réel, 68 % de la production est déjà consommée localement : un agent municipal consulte l’application avant de brancher la borne de recharge, un responsable de crèche choisit le moment de lancer le chauffage.

Est-ce la fin des petits projets photovoltaïques ? Non. Leur valeur change de place. Hier, avec un surplus racheté plusieurs fois plus cher, ne pas piloter une boucle coûtait peu. À 1,1 centime, ce pilotage devient la condition de la rentabilité, donc de la pérennité de l’autoconsommation collective. La CRE elle-même recommande désormais que toutes les installations engagées dans une opération d’ACC puissent être soutenues : le régulateur a fait de l’autoconsommation partagée la destination.

Pour aller plus loin

Pour comprendre la plus value de Sunbiose, découvrez le pilotage en temps réel de l’autoconsommation collective.

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L’autoconsommation collective est une réponse innovante et durable à ce enjeu, en permettant de mutualiser la production d’électricité renouvelable à l’échelle locale. Les PME peuvent non seulement stabiliser leurs coûts énergétiques, mais aussi améliorer leur compétitivité et s’inscrire dans la transition énergétique.