Politique énergétique locale : ce que peuvent vraiment les communes rurales

Politique énergétique locale : ce que peuvent vraiment les communes rurales

Actualités

Politique énergétique locale : ce que peuvent vraiment les communes rurales

« Permettre l’autoconsommation partout en France » : c’est le titre du plateau de Smart Impact auquel Raphaël Cervan a participé le 23 juin 2026 sur BSMART 4Change. Derrière l’intitulé, une question concrète : comment mener une politique énergétique locale sans budget ni ingénierie interne ?

Raphaël Cervan

25 Juillet 2026

Raphaël Cervan, fondateur de Sunbiose, sur le plateau de Smart Impact de BSMART 4Change

« Permettre l’autoconsommation partout en France » : c’est le titre du plateau de Smart Impact auquel Raphaël Cervan, fondateur de Sunbiose, a participé le 23 juin 2026 sur BSMART 4Change, face à Thomas Hugues. Derrière l’intitulé, une question très concrète pour les communes rurales et périurbaines : comment mener une politique énergétique locale quand on n’a ni budget d’investissement ni ingénierie interne ?

Le manque de moyens n’est pas une fatalité énergétique

L’autoconsommation collective pèse aujourd’hui 235 MW en France, soit 0,15 % de la capacité installée, pour un potentiel estimé à 230 TWh par an. L’écart ne vient pas d’un défaut de volonté des élus. Il vient de trois verrous que les petites communes ne peuvent pas lever seules :

  • Juridique : plus de 20 documents contractuels pour une opération de 12 participants.
  • Organisationnel : plus de 10 acteurs à coordonner en continu, du gestionnaire de réseau aux installateurs.
  • Financier : aucun produit bancaire structuré n’existait pour ce type d’opération.

Le modèle Sunbiose neutralise les trois d’un bloc. La commune met ses toitures à disposition par un bail d’occupation. Une société de projet finance et installe la centrale. La commune paie un abonnement et ne porte aucun investissement. Elle décide ensuite comment l’électricité produite est partagée, avec qui, et selon quelles priorités. C’est là que la politique énergétique commence vraiment : elle ne se joue pas sur le toit, elle se joue sur la façon dont la production locale est partagée.

Le cadre y aide. Les communes rurales bénéficient de périmètres étendus jusqu’à 20 km par dérogation, voire à l’échelle de l’EPCI quand tous les participants sont publics. Un village sans bâti exploitable peut donc être alimenté par sa voisine.

Ce qu’une politique énergétique locale produit sur le terrain

À Montigny-en-Arrouaise, dans l’Aisne, 317 habitants, la communauté d’énergie réunit une cinquantaine de participants et 14 producteurs. 68 % de la production est consommée sur place, et l’opération génère environ 10 000 € par an pour le territoire : 3 000 € d’économies directes pour la commune, 5 000 € d’électricité donnée aux habitants, 2 000 € d’échanges à prix réduit. La boucle est pilotée en temps réel, ce qui a produit 11 % d’économies supplémentaires par le seul changement de comportement des participants.

Dans le Gers, une commune rurale intègre un cabinet médical à sa boucle pour lui vendre une électricité locale moins chère. Dans un territoire en tension médicale, l’énergie devient un argument d’installation. Le projet est un démonstrateur France 2030 soutenu par la Région Occitanie.

Plus loin dans le même département, un pôle territorial rural regroupant plus de 100 communes prépare la même démarche à l’échelle intercommunale. Une commune productrice peut y alimenter celles qui ne peuvent pas installer, pour cause de contraintes patrimoniales ou de manque de bâti. La solidarité intercommunale cesse d’être une intention et devient une ligne comptable.

Attirer un médecin, maintenir un commerce, rouvrir un équipement public, avancer sur son PCAET : ces résultats ne sont pas des effets secondaires du solaire, ce sont les objectifs. L’électron est le moyen, pas la fin.

La séquence est disponible en replay sur bsmart.fr. Elle a été rendue possible par AD’OCC et La Toile des Médias, dans la continuité de la présence de Sunbiose sur le Pavillon Occitanie de VivaTech 2026.

Les derniers articles :

Cleantech Open France 2026 : Sunbiose finaliste avec le pilotage de l’énergie en temps réel

Cleantech Open France 2026 : Sunbiose finaliste avec le pilotage de l’énergie en temps réel

Actualités

Cleantech Open France 2026 : Sunbiose finaliste avec le pilotage de l’énergie en temps réel

Sur 200 candidatures et plus de 1 500 évaluations en ligne, Cleantech Open France a retenu cinq finalistes dans la filière Mieux Consommer. Sunbiose en fait partie et pitchera le 2 octobre à Paris, dans les locaux de Bpifrance.

Raphaël Cervan

25 Juillet 2026

Application Sunbiose affichant en temps réel l'énergie disponible dans une communauté d'autoconsommation collective

Cinq finalistes sur 200 candidatures

Le concours Cleantech Open France 2026 a annoncé les finalistes de sa filière « Mieux Consommer » : cinq projets retenus sur 200 candidatures, à l’issue de plus de 1 500 évaluations en ligne. Sunbiose en fait partie.

Cette filière correspond à l’une des six verticales du Secrétariat général à la planification écologique et de France Nation Verte. Elle rassemble des projets qui agissent sur l’usage plutôt que sur la seule production : réemploi, location, durabilité des équipements, réutilisation des batteries. Sunbiose y porte le seul projet d’autoconsommation collective.

La finale se tient le 2 octobre à Paris, dans les locaux de Bpifrance, devant les quatre autres finalistes de la filière. Sunbiose y monte avec le soutien de son écosystème régional : La French Tech Toulouse, le pôle de compétitivité DERBI-CEMATER, AD’OCC et Toulouse Team Invest.

Rendre l’énergie partagée pilotable, pas seulement visible

Ce que le jury a évalué n’est pas une centrale solaire de plus. C’est la capacité donnée aux participants d’une opération d’autoconsommation collective d’adapter leur consommation à la production de leur communauté, à l’instant où elle a lieu.

À Montigny-en-Arrouaise, dans l’Aisne, cela se traduit par des gestes ordinaires. Un agent municipal consulte l’application avant de brancher la borne de recharge publique. Un responsable de crèche choisit le moment de lancer le chauffage. Un enseignant ouvre les données de son école en classe pour parler transition énergétique avec ses élèves. Un habitant vérifie l’énergie disponible dans la communauté avant de tondre sa pelouse.

Ce niveau de finesse suppose une mesure qui ne se contente pas du pas réglementaire de 15 minutes. TeeKy®, conçu par Sunbiose et fabriqué à Montpellier, remonte les données de chaque compteur toutes les 30 secondes et pilote à distance les équipements de la boucle : bornes de recharge, ballons d’eau chaude, batteries. L’information arrive assez tôt pour que le consommateur puisse en faire quelque chose.

Les résultats de Montigny le confirment : 68 % de la production consommée localement, et 11 % d’économies supplémentaires obtenues par le seul changement de comportement des participants. La communauté d’énergie réunit une cinquantaine de participants et 14 producteurs sur deux communes, entièrement pilotée en temps réel.

C’est ce mécanisme que Sunbiose défendra le 2 octobre, à Paris, dans les locaux de Bpifrance.

Les derniers articles :

VivaTech 2026 : TeeKy, le boîtier gersois de l’autoconsommation collective, remarqué parmi 15 000 exposants

VivaTech 2026 : TeeKy, le boîtier gersois de l’autoconsommation collective, remarqué parmi 15 000 exposants

Actualités

VivaTech 2026 : TeeKy, le boîtier gersois de l’autoconsommation collective, remarqué parmi 15 000 exposants

15 000 exposants à VivaTech, 500 start-up retenues sous le label Tech for Change, et un boîtier conçu dans le Gers classé par Wink IoT parmi les innovations marquantes du salon, aux côtés de solutions de Samsung. TeeKy n’embarque pourtant aucune intelligence artificielle.

Raphaël Cervan

25 Juillet 2026

Raphaël Cervan présente le boîtier TeeKy de Sunbiose au salon VivaTech 2026 à Paris

15 000 exposants à VivaTech, 500 start-up retenues sous le label Tech for Change, et un boîtier conçu dans le Gers classé par Wink IoT parmi les innovations marquantes du salon, aux côtés de solutions de Samsung. Ce boîtier d’autoconsommation collective, TeeKy, n’embarque pourtant aucune intelligence artificielle.

Remarqué à Paris sans faire d’IA

Sunbiose figurait parmi les 34 entreprises sélectionnées par AD’OCC, l’agence de développement économique de la Région Occitanie, pour représenter le territoire à VivaTech à la mi-juin. Seule société gersoise présente au salon.

Deux reconnaissances y sont venues se cumuler. Le label Tech for Change d’abord, qui distingue 500 start-up parmi les 15 000 exposantes sur leur impact. Le média spécialisé Wink IoT ensuite, qui a classé TeeKy parmi les innovations marquantes de l’édition, dans une liste où figuraient des solutions de grands groupes.

« J’avoue avoir été surpris. Non pas parce que je doute de ce que le pilotage en temps réel apporte à l’autoconsommation collective, bien au contraire. Mais se faire remarquer sur un salon de cette dimension, sur une édition où l’on ne parlait que d’IA alors que nous n’en faisons pas, ça ne va pas de soi. »

— Raphaël Cervan, fondateur de Sunbiose

Ce que le temps réel change pour un participant

TeeKy s’installe sur le compteur Linky de chaque participant d’une boucle et remonte les données de production et de consommation toutes les 30 secondes. Ce chiffre ne sert pas à répartir l’énergie plus vite : la répartition se calcule après coup, à partir des index Enedis au pas de 15 minutes, selon la clé définie par la personne morale organisatrice.

Ce que les 30 secondes changent, c’est ce que les participants peuvent faire pendant le mois, avant que la facture n’existe.

À Montigny-en-Arrouaise, dans l’Aisne, un agent municipal consulte l’application avant de brancher la borne de recharge publique. Une responsable de crèche choisit son moment pour lancer le chauffage. Un enseignant projette les données de son école en classe. La communauté consomme localement 68 % de ce qu’elle produit, et le seul changement de comportement des participants a généré 11 % d’économies supplémentaires.

Ce n’est pas de la donnée pour la donnée. C’est du pouvoir d’agir rendu à celui qui paie la facture.

Prochain déploiement : Gondrin

Le prochain déploiement du boîtier est prévu à Gondrin, dans le Gers, où la commune prépare l’intégration de ses habitants dans la boucle. Le projet est un démonstrateur France 2030 soutenu par la Région Occitanie, et il intègre un cabinet médical auquel la commune vend une électricité locale à prix réduit, dans un territoire en tension sur l’offre de soins.

D’autres opérations d’autoconsommation collective émergent dans le département, à Nogaro, Sansan, Vic-Fezensac, Eauze, Valence-sur-Baïse et Plaisance.

Questions fréquentes sur le boîtier TeeKy

Qu’est-ce que le boîtier TeeKy ?

Un boîtier communicant breveté, certifié Linky Ready, conçu par Sunbiose et fabriqué à Montpellier. Installé sur le compteur, il affiche dans l’application l’énergie disponible dans la communauté à chaque instant, ce qui permet à chaque participant d’ajuster sa consommation à la production locale. Il pilote aussi à distance certains équipements (borne de recharge, ballon d’eau chaude, batterie). Techniquement, il s’alimente par le compteur et remonte les mesures toutes les 30 secondes en NB-IoT/LTE-M, sans Wi-Fi ni configuration.

Faut-il modifier son installation électrique pour rejoindre une boucle ?

Non. Un compteur communicant Linky, un contrat de fourniture d’électricité et l’adhésion à la communauté suffisent. L’adhésion à la personne morale organisatrice est gratuite pour les participants.

Le temps réel modifie-t-il la répartition de l’énergie entre participants ?

Non. La répartition suit la clé définie par la PMO et s’applique sur les index Enedis au pas de 15 minutes. Le temps réel agit en amont, sur les décisions de consommation.

Pour aller plus loin

Pour comprendre ce que Sunbiose cherche à construire avec ces boucles locales, lisez le Manifeste Sunbiose.

Les derniers articles :

Autoconsommation collective : ce que change le décret du 30 juin 2026, selon votre situation

Autoconsommation collective : ce que change le décret du 30 juin 2026, selon votre situation

Actualités

Autoconsommation collective : ce que change le décret du 30 juin 2026, selon votre situation

Un décret publié au Journal officiel le 30 juin 2026 modifie le partage de la production entre les participants d’une opération d’autoconsommation collective. Ce qui s’applique dépend notamment de la date de signature de la convention avec Enedis.

Raphaël Cervan

01 Juillet 2026

Panneaux solaires sur toiture et compteur Linky illustrant la répartition de l'énergie en autoconsommation collective

En deux mots

Un décret (n° 2026-561) a été publié au Journal officiel le 30 juin 2026. Il modifie la façon dont la production est partagée entre les participants d’une opération d’autoconsommation collective (ACC). Ce document décrit ce que le texte change, et ce qui s’applique selon la situation de chaque opération, en fonction notamment de la date de signature de sa convention avec Enedis.

Ce que le décret encadre

Jusqu’ici, des clés de répartition dites « dynamiques » pouvaient être calculées après coup. Il était possible d’ajuster la part d’électricité comptée comme autoconsommée en fonction des prix de marché, puis de recalculer les clés une fois les résultats connus. Le décret met fin à cette possibilité. Selon son exposé, il poursuit deux objectifs : instaurer un principe de maximisation de l’autoconsommation, et supprimer la faculté de modifier après coup la répartition de l’énergie, à la fois entre la part autoconsommée et la part vendue à l’extérieur, et entre les consommateurs participants.

Ce que le décret change, concrètement

Le décret repose sur deux mécanismes.

Premier mécanisme : la maximisation de l’autoconsommation. À chaque pas de mesure, l’opération autoconsomme le minimum entre ce qu’elle produit et ce qu’elle consomme. Tant qu’un participant consomme, la production lui est affectée plutôt que vendue à l’extérieur. Le partage entre énergie autoconsommée et énergie vendue hors de l’opération cesse d’être un choix de la PMO.

La portée de ce principe diffère selon la clé utilisée. Une opération sur clé par défaut (répartition au prorata de la consommation) écoule déjà toute la production disponible jusqu’à la consommation totale : elle satisfait déjà ce principe. Une clé statique (coefficients fixes), en revanche, peut laisser de la production inutilisée lorsqu’un consommateur reçoit plus que sa consommation, l’excédent étant alors perdu pour l’opération même si un autre consommateur avait encore de la consommation à couvrir. La maximisation ajoute une étape qui récupère ce résiduel et le redistribue vers les consommateurs ayant encore de la consommation. Elle a donc un effet sur les clés statiques, et sur les clés dynamiques qui sous-affectaient volontairement la production, mais pas sur la clé par défaut.

Second mécanisme : la déclaration des clés à l’avance. Les clés de répartition doivent être communiquées à Enedis avant la livraison de l’électricité et avant la fermeture du marché du lendemain, et non plus après. Le partage ne peut donc plus être ajusté une fois les résultats connus.

Un point lié : auparavant, on pouvait transmettre à Enedis une « méthode de calcul » dont les clés se déduisaient, plutôt que les clés elles-mêmes. Le décret supprime cette option. On indique désormais les clés.

Deux outils complémentaires apparaissent. L’ordre de priorité permet de définir plus finement qui reçoit la production en premier parmi les participants ; le décret lui donne une base réglementaire, mais sa disponibilité dépend d’Enedis et n’est pas garantie (voir plus loin). La part fixe, détaillée juste après, permet de retirer durablement une fraction de la production d’un producteur de l’opération.

La part fixe

La part fixe est une fraction de la production d’une installation, exprimée par un coefficient entre 0 et 1, retirée de l’opération en amont du partage. Par défaut elle vaut zéro : toute la production va à l’opération. Si un producteur fixe une part fixe de 0,3, alors 30 % de sa production sont retirés de l’opération, par exemple pour une vente séparée à un tiers ou sur le marché, et 70 % alimentent l’opération.

Sa caractéristique principale est la durée d’engagement. Une fois fixée, la part fixe ne peut être modifiée qu’au bout de deux ans : toute évolution ne prend effet qu’après ce délai. Elle ne peut donc pas être ajustée d’un pas de mesure à l’autre, ni d’un mois à l’autre. Elle est par ailleurs constante sur chaque pas de mesure.

Pour les opérations futures, la part fixe peut être inscrite dans la convention dès l’entrée en vigueur du décret, mais elle ne produit son effet dans le partage qu’à compter du 1er juillet 2027, en même temps que le principe de maximisation.

Le rôle d’Enedis et la phase de transition

Le décret pose des principes, mais en renvoie les modalités concrètes (les délais et la façon de déclarer les clés) à la documentation technique de référence d’Enedis. Or cette documentation n’est pas encore adaptée, et les systèmes d’information d’Enedis ne savent aujourd’hui traiter que la transmission des clés dynamiques après coup, précisément ce que le décret entend supprimer. Enedis organisera une consultation des acteurs concernés, dite CURDE, pour décliner le décret et fixer notamment le nouveau délai de déclaration des clés.

Dans l’attente de cette consultation et de l’adaptation de ses systèmes, Enedis a annoncé, par une communication du 30 juin 2026, des mesures transitoires. C’est de là, et non du décret lui-même, que vient la bascule du 1er juillet 2026 :

  • les opérations dont la convention n’est pas signée avant le 1er juillet 2026 ne peuvent pas opter pour des clés dynamiques ; seules les clés statiques et par défaut sont disponibles ;
  • les opérations existantes ayant opté pour des clés statiques ou par défaut avant cette date ne peuvent pas basculer vers des clés dynamiques.

Il faut donc distinguer deux calendriers. D’un côté, le décret fixe l’entrée en vigueur de la maximisation au 1er juillet 2027, et l’obligation de déclaration à l’avance pour les contrats postérieurs à cette même date. De l’autre, Enedis gèle dès le 1er juillet 2026 l’accès aux clés dynamiques pour les nouvelles opérations, le temps que son cadre opérationnel se mette à jour. C’est ce gel transitoire qui explique pourquoi la date de signature de la convention devient le critère déterminant, et pourquoi le 30 juin 2026 constitue une borne.

Les scénarios

Le critère qui détermine le régime applicable est la date de signature de la convention de l’opération avec Enedis. Deux dates structurent les situations : le 30 juin 2026 et le 1er juillet 2027.

Scénario 1 : opération dont la convention est signée au plus tard le 30 juin 2026

L’opération conserve son fonctionnement, sans obligation de changer de clés. Si elle utilise des clés dynamiques, elle les garde ; si elle utilise des clés statiques ou par défaut, elle les garde aussi, mais ne peut pas basculer vers des clés dynamiques pendant la période de transition.

Tant qu’Enedis n’a pas adapté ses systèmes, une opération qui dispose déjà de clés dynamiques peut continuer à transmettre ses clés après coup, puisque la restriction d’Enedis ne vise que les nouvelles opérations. Cette continuité a deux limites. D’abord, à compter du 1er juillet 2027, la maximisation s’applique à toutes les opérations, anciennes comprises, et supprime la possibilité de retenir de l’autoconsommation pour vendre au marché : cette échéance est ferme. Ensuite, l’ajustement fin entre consommateurs après coup n’est pas fermé par le décret pour ces contrats anciens, mais il pourra l’être plus tard, quand Enedis imposera la déclaration à l’avance à l’ensemble des opérations, à une date qui dépendra de la consultation CURDE.

Si l’opération réunit plusieurs producteurs, un point particulier s’applique. Lorsque la production d’un producteur dépasse ce que ses consommateurs absorbent, le surplus est redistribué vers les autres consommateurs de l’opération. Pour les contrats antérieurs au 1er juillet 2027, cette redistribution respecte l’absence d’accord entre un producteur et un consommateur : la production d’un producteur n’est pas poussée vers un consommateur avec lequel il n’a aucun lien contractuel.

À noter : refondre la convention après le 1er juillet 2027 fait basculer l’opération dans le régime décrit au scénario 3.

Scénario 2 : convention signée entre le 1er juillet 2026 et le 1er juillet 2027

Pendant la période de transition, Enedis traite l’opération comme nouvelle : elle ne peut pas opter pour des clés dynamiques. Seules les clés statiques et par défaut sont disponibles. Une opération qui ne prévoyait pas de clés dynamiques fonctionne donc comme prévu ; une opération qui en aurait eu l’usage ne peut pas y accéder tant qu’Enedis n’a pas adapté ses systèmes.

La part fixe peut être définie dès la signature de la convention. Et comme le contrat est conclu avant le 1er juillet 2027, l’opération conserve, si elle réunit plusieurs producteurs, le respect de l’absence d’accord entre un producteur et un consommateur lors de la redistribution du surplus, c’est-à-dire le mécanisme décrit au scénario 1.

Le principe de maximisation s’appliquera à ces opérations au 1er juillet 2027.

Scénario 3 : convention signée à partir du 1er juillet 2027

C’est le régime complet.

Les clés disponibles dépendront des règles d’Enedis mises à jour après la consultation à venir. Le retour des clés dynamiques est possible, mais uniquement en mode déclaration à l’avance. L’ouverture de l’ordre de priorité est possible, sans garantie (voir la section suivante).

Deux règles s’appliquent : la déclaration des clés à l’avance est obligatoire (coefficients ou ordre de priorité communiqués avant la fermeture du marché du lendemain), et la maximisation est en vigueur. La part fixe est pleinement opérante, en définition comme en déduction.

La disposition particulière des opérations à plusieurs producteurs ne s’applique plus : le contrat étant postérieur au 1er juillet 2027, le respect de l’absence d’accord entre un producteur et un consommateur n’est plus prévu. Le surplus d’un producteur est redistribué vers tout consommateur ayant encore de la consommation, même sans lien contractuel entre eux. Le seul moyen de retirer durablement de la production de l’opération devient alors la part fixe, qui s’applique à l’ensemble de la production d’une installation, et non à un couple producteur-consommateur précis.

L’ouverture à des tiers

Si une opération est ouverte à de nouveaux participants (entreprises, bailleurs, particuliers), la production est partagée vers ceux qui consomment, selon les règles décrites ci-dessus. La date de signature de la convention correspondante détermine le régime applicable : une ouverture par une convention signée après le 1er juillet 2027 relève du régime complet, sans le respect de l’absence d’accord entre un producteur et un consommateur décrit aux scénarios 1 et 2.

Le point encore ouvert : l’ordre de priorité

Le décret crée la possibilité d’un ordre de priorité, c’est-à-dire d’une allocation fine de la production entre participants, sans la garantir. Sa mise en œuvre suppose deux conditions tenant à Enedis : qu’Enedis choisisse de l’inscrire dans sa documentation technique de référence, et qu’il produise au préalable une analyse coûts-bénéfices communiquée au ministre chargé de l’énergie et à la Commission de régulation de l’énergie.

Le texte précise que cette analyse est « communiquée », et non « approuvée » : il ne s’agit pas d’une autorisation du ministre ou de la CRE, et le décret n’impose pas à Enedis de conclure favorablement ni de mener cette analyse dans un délai donné. La disponibilité de l’allocation fine entre participants, et son calendrier, relèveront donc de la consultation à venir, et non du décret.

En un coup d’œil

  • Convention signée au plus tard le 30 juin 2026 : conservation du fonctionnement existant ; les clés dynamiques existantes peuvent encore être transmises après coup à titre transitoire ; maximisation au 1er juillet 2027 ; respect de l’absence d’accord producteur-consommateur conservé si contrat antérieur au 1er juillet 2027.
  • Convention signée entre mi-2026 et mi-2027 : clés statiques et par défaut uniquement, pas de clés dynamiques ; respect de l’absence d’accord producteur-consommateur conservé ; maximisation au 1er juillet 2027.
  • Convention signée à partir du 1er juillet 2027 : déclaration des clés à l’avance obligatoire ; respect de l’absence d’accord producteur-consommateur non applicable ; clés dynamiques et ordre de priorité possibles mais non garantis.
  • Part fixe : fraction de production retirée de l’opération, modifiable seulement tous les deux ans.
  • À suivre : la consultation d’Enedis (CURDE), qui fixera les modalités opérationnelles et l’éventuelle disponibilité de l’ordre de priorité.

Note de prudence

Les modalités opérationnelles précises (délais exacts de déclaration, disponibilité de l’allocation fine, conditions du respect de l’absence d’accord producteur-consommateur) sont renvoyées à la documentation technique d’Enedis, qui sera révisée après la consultation. Ce document décrit le cadre tel qu’il se lit au 30 juin 2026.

Les derniers articles :

À VivaTech, Sunbiose défend la souveraineté énergétique des territoires

À VivaTech, Sunbiose défend la souveraineté énergétique des territoires

Actualités

À VivaTech, Sunbiose défend la souveraineté énergétique des territoires

À VivaTech, Sunbiose est venue défendre une conviction simple : un territoire peut produire et partager sa propre énergie, à condition qu’on lui retire la complexité qui l’en empêche.

Raphaël Cervan

20 Juin 2026

Stand Sunbiose au salon VivaTech, démonstration du modèle d'autoconsommation collective pour les territoires

À VivaTech, Sunbiose est venue porter une question que se posent de plus en plus de communes : pourquoi un territoire qui veut produire et partager son énergie locale se heurte-t-il systématiquement à un mur ? Le toit est là, le soleil aussi. Ce qui bloque est ailleurs.

Pourquoi les territoires peinent à produire leur propre énergie

La volonté existe. Les maires veulent réduire les factures publiques, sécuriser leurs équipements et garder la valeur sur leur territoire. Mais entre cette volonté et une centrale solaire partagée, trois obstacles se dressent.

Le premier est juridique. Une opération d’autoconsommation collective repose sur plus de vingt documents contractuels pour un petit projet, et sur une personne morale organisatrice (PMO) à constituer et à animer. Le deuxième est organisationnel : un projet mobilise en continu une dizaine d’acteurs différents, de la commune à Enedis en passant par les installateurs, les producteurs et les consommateurs. Le troisième est financier : aucun produit bancaire structuré n’existait pour ce type d’opération, ce qui laissait les communes face à un investissement qu’elles ne pouvaient ni porter ni garantir.

C’est exactement le constat que Sunbiose est venue défendre sur le salon.

« La volonté d’agir, les communes l’ont déjà. Ce qui leur manque, ce n’est ni le toit ni le soleil, c’est un acteur qui porte la complexité juridique, organisationnelle et financière à leur place. »

— Raphaël Cervan, fondateur de Sunbiose

Un modèle clé en main pour reprendre la main sur son énergie

Sunbiose conçoit, finance et opère ces projets à la place de la collectivité, sur bâti existant, sans investissement de sa part. Le cadre juridique est modulaire et s’adapte à la configuration du territoire. La gestion est automatisée, de l’identification des participants à la facturation. Le pilotage se fait en temps réel, ce qui donne à chaque membre de la communauté la capacité d’adapter sa consommation à l’énergie réellement disponible. Et le montage est pensé pour être finançable dès la conception, grâce à des sociétés de projet adossées à une contrepartie publique.

Ce n’est pas une promesse de salon. À Montigny-en-Arrouaise, dans l’Aisne, une communauté d’environ 50 participants partage une énergie solaire pilotée à 100 % en temps réel, avec 68 % de la production consommée localement et près de 10 000 euros de bénéfices par an pour le territoire.

Reste à savoir si votre commune est concernée. Le potentiel de toitures compatibles en France dépasse 3 800 km², et 84 % du marché de l’autoconsommation collective se situe en zone rurale et périurbaine. Pour comprendre dans le détail comment fonctionne cette approche intégrée, de l’étude à l’exploitation, nous l’expliquons sur notre page dédiée à la solution clé en main d’autoconsommation collective, et nous détaillons les avantages du modèle pour les collectivités.

VivaTech aura été l’occasion de le redire à des centaines de visiteurs : produire et consommer son énergie localement n’est plus une question de technologie, mais d’organisation. L’électron est le moyen, pas la fin.

Les derniers articles :