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Politique énergétique locale : ce que peuvent vraiment les communes rurales

« Permettre l’autoconsommation partout en France » : c’est le titre du plateau de Smart Impact auquel Raphaël Cervan a participé le 23 juin 2026 sur BSMART 4Change. Derrière l’intitulé, une question concrète : comment mener une politique énergétique locale sans budget ni ingénierie interne ?

Raphaël Cervan

25 Juillet 2026

Raphaël Cervan, fondateur de Sunbiose, sur le plateau de Smart Impact de BSMART 4Change

« Permettre l’autoconsommation partout en France » : c’est le titre du plateau de Smart Impact auquel Raphaël Cervan, fondateur de Sunbiose, a participé le 23 juin 2026 sur BSMART 4Change, face à Thomas Hugues. Derrière l’intitulé, une question très concrète pour les communes rurales et périurbaines : comment mener une politique énergétique locale quand on n’a ni budget d’investissement ni ingénierie interne ?

Le manque de moyens n’est pas une fatalité énergétique

L’autoconsommation collective pèse aujourd’hui 235 MW en France, soit 0,15 % de la capacité installée, pour un potentiel estimé à 230 TWh par an. L’écart ne vient pas d’un défaut de volonté des élus. Il vient de trois verrous que les petites communes ne peuvent pas lever seules :

  • Juridique : plus de 20 documents contractuels pour une opération de 12 participants.
  • Organisationnel : plus de 10 acteurs à coordonner en continu, du gestionnaire de réseau aux installateurs.
  • Financier : aucun produit bancaire structuré n’existait pour ce type d’opération.

Le modèle Sunbiose neutralise les trois d’un bloc. La commune met ses toitures à disposition par un bail d’occupation. Une société de projet finance et installe la centrale. La commune paie un abonnement et ne porte aucun investissement. Elle décide ensuite comment l’électricité produite est partagée, avec qui, et selon quelles priorités. C’est là que la politique énergétique commence vraiment : elle ne se joue pas sur le toit, elle se joue sur la façon dont la production locale est partagée.

Le cadre y aide. Les communes rurales bénéficient de périmètres étendus jusqu’à 20 km par dérogation, voire à l’échelle de l’EPCI quand tous les participants sont publics. Un village sans bâti exploitable peut donc être alimenté par sa voisine.

Ce qu’une politique énergétique locale produit sur le terrain

À Montigny-en-Arrouaise, dans l’Aisne, 317 habitants, la communauté d’énergie réunit une cinquantaine de participants et 14 producteurs. 68 % de la production est consommée sur place, et l’opération génère environ 10 000 € par an pour le territoire : 3 000 € d’économies directes pour la commune, 5 000 € d’électricité donnée aux habitants, 2 000 € d’échanges à prix réduit. La boucle est pilotée en temps réel, ce qui a produit 11 % d’économies supplémentaires par le seul changement de comportement des participants.

Dans le Gers, une commune rurale intègre un cabinet médical à sa boucle pour lui vendre une électricité locale moins chère. Dans un territoire en tension médicale, l’énergie devient un argument d’installation. Le projet est un démonstrateur France 2030 soutenu par la Région Occitanie.

Plus loin dans le même département, un pôle territorial rural regroupant plus de 100 communes prépare la même démarche à l’échelle intercommunale. Une commune productrice peut y alimenter celles qui ne peuvent pas installer, pour cause de contraintes patrimoniales ou de manque de bâti. La solidarité intercommunale cesse d’être une intention et devient une ligne comptable.

Attirer un médecin, maintenir un commerce, rouvrir un équipement public, avancer sur son PCAET : ces résultats ne sont pas des effets secondaires du solaire, ce sont les objectifs. L’électron est le moyen, pas la fin.

La séquence est disponible en replay sur bsmart.fr. Elle a été rendue possible par AD’OCC et La Toile des Médias, dans la continuité de la présence de Sunbiose sur le Pavillon Occitanie de VivaTech 2026.

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